Nicolas Thomas, autrefois violoncelliste régulier pour l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, est désormais chef étoilé à Verfeuil. De son vécu en tant que musicien professionnel il garde une vision culturelle de la ville rose assez exigeante, complétée désormais de Toulouse versus gastronomie.

Vous n’êtes pas né à Toulouse. Comment avez-vous découvert la ville ?

J’y suis arrivé à l’âge de 12 ans pour entrer au conservatoire national, désormais nommé CRR (Conservatoire à Rayonnement Régional). Il s’agit du premier étage d’une fusée culturelle dont la qualité est omniprésente. L’Orchestre National du Capitole propose une saison symphonique et de l’opéra. Il se décline en Orchestre de Chambre avec sa propre programmation. S’y ajoute le festival des Grands Interprètes. Au total la saison compte plus de 60 dates.

Que pouvez-vous dire de Toulouse en tant que ville culturelle ?

La vie musicale est très riche à Toulouse. C’est une des villes les mieux dotées de province. Avec mon épouse, Laurence, (elle aussi ancienne interprète de l’Orchestre National du Capitole : NDLR), nous aimons aussi nous rendre à l’auditorium Saint-Pierre-des-Cuisines pour leur jolie saison de musique de chambre.

Aujourd’hui nous avons moins de temps, mais il faut aller voir les expos temporaires du Musée des Augustins ou encore le festival « Rio Loco » sur les berges de la Garonne, juste en face de l’hôtel Le PIER.

Le mariage du sport et du « bien vivre » est presque un atout pour nombre de rugbymen même de haut-niveau. Didier Lacroix, désormais Président du Stade Toulousain, nous propose une balade dans le Toulouse sportif et festif.

Au-delà de la brasserie du stade, vous aimez la bonne chère. Quelques adresses ?

D’abord pour faire des achats et toujours à pied depuis l’Hôtel PIER, je recommande les marchés toulousains : les Carmes, Victor Hugo, les halles Saint-Cyprien. Ce sont aussi des lieux à visiter pour tous ceux qui aiment les bons produits. L’offre très développée permet de découvrir un terroir authentique. Là ou ailleurs, cette ville festive compte beaucoup de terrasses. J’aime m’y arrêter. Sinon côté resto j’ai quelques adresses régulières comme le Rowing, l’Emulation Nautique, Chez Toni, Chez Monsieur Georges, Carmen … j’étais ravi de trouver une autre bonne table au restaurant de l’hôtel PIER.

Vous êtes épicurien depuis toujours ?

Je suis né à table. Mon père a commencé sa carrière professionnelle en étant éleveur de porcs et mon frère dirige toujours l’entreprise familiale dans la distribution de produits alimentaires. La recherche du bon produit local est une obsession comme savoir à quel moment la truffe est bien mûre ou avoir la culture des légumes de saison. De nombreux chefs étoilés s’y emploient : Michel Sarran et Stéphane Tournié, les Jardins de l’Opéra, en centre-ville. Plus loin Bernard Bach à Pujaudran, Le Puits St-Jacques, Jérémy Morin à Montrabé, l’Aparté, ou encore Frank Renimel à Aureville, En Marge.

Christelle Chollet est née à Toulouse. Elle y a commencé sa carrière comme humoriste et chanteuse. Elle poursuit sa route partout en France au point d’être finalement plus connue dans les milieux culturels parisiens qu’à Toulouse. Nul n’est prophète en son pays !

Vous êtes née et vous avez vécu votre vie d’étudiante à Toulouse, à quels lieux songez-vous encore aujourd’hui ?

Sans hésiter, c’est la Cave Poésie, un lieu qui compte pour moi et où j’ai joué du Tcheckov. Dans la série des lieux culturels de ma chère Ville rose, j’aime aller à la Halle aux Grains qui possède une acoustique sublime ou encore dans des cafés concerts à la programmation insolite. J’aime beaucoup me balader à vélo ou à pieds sur les bords du Canal du Midi, tellement agréable à la belle saison.

Qu’est-ce qui, pour vous, symbolise Toulouse ?

Toulouse ne serait pas vraiment Toulouse sans sa célèbre Place du Capitole sur laquelle j’aime flâner et faire le tour de la fameuse croix Occitane ! Je vous avoue aussi que j’ai une passion pour l’Orchestre National du Capitole, avec lequel je rêve de collaborer un jour ! Je vais vous faire une confidence…En marchant vers l’incontournable place Wilson et son iconique cinéma, l’UGC, je me suis remémoré mon jeune temps où j’y travaillais comme ouvreuse ! J’ai appris sa fermeture définitive, c’est une page qui se tourne pour les toulousains.

D’autres lieux personnels ?

Plus classique mais sublime, la basilique Saint-Sernin, où je me surprends parfois à fredonner les chansons de Nougaro…

Lorsque j’ai un peu de temps, j’aime passer une soirée toujours des plus agréables au Casino Barrière, où il m’arrive de me produire mais aussi au 3T, rue Gabriel Péri, près du métro Jean Jaurès.

À quoi Toulouse tient-elle sa singularité ?

Sa convivialité, sa lumière et ses couleurs…Voilà, pour moi, le dénominateur commun à tous ces hauts lieux toulousains. Une richesse artistique et cet accent qui me manquent tant…

Christelle Chollet le 20 mars au Bascala à Bruguières

Acteurs de cinéma, avec notamment « les Municipaux » mais aussi « les Municipaux, trop c’est trop », humoristes, le tandem Francis Ginibre et Eric Carrière forme les Chevaliers du Fiel. Amoureux de sa ville, Francis Ginibre nous la fait découvrir.

Qui, mieux que vous, pour nous guider dans Toulouse ? Quels sont lieux que vous aimez particulièrement ?

Si le temps le permet, et c’est quand même souvent le cas chez nous, je pars vers le Pont St-Michel, je passe devant l’Ile du ramier, je suis les Berges de la Garonne et je remonte jusqu’au Pont-Neuf, au centre-ville. Là déjà, vous avez une vue de Toulouse qui est digne d’une carte postale !

Vous y habitez toujours ?

Oui, j’ai cette chance. Je vis en bord de Garonne et tous les jours, c’est sublime…Le plaisir vient de la luminosité qui n’est jamais la même. Sur la brique, c’est magnifique. Je flâne le long des quais en remontant le quai de Tounis, là où vivait Nougaro. J’arrive au Pont Neuf, je longe les Beaux Arts et la place de la Daurade et la place St-Pierre. Et là, j’admire l’Hôtel Dieu, le Dôme de la Grave. Vous pouvez remonter par les rues piétonnes jusqu’à la Place du Capitole.

Encore aujourd’hui, je m’aperçois que Toulouse possède une architecture unique, si symbolique de la région avec sa brique et ses nombreux hôtels particuliers. C’est une richesse discrète, pas ostentatoire comme d’autres villes. Une architecture très singulière que j’aime.

Vous allez dire que je suis chauvin, certainement ! Mais, sincèrement, c’est vraiment la ville où j’aime revenir, qui a une identité, un caractère fort.

Qu’est-ce qui fait pour vous la singularité de Toulouse, hormis son architecture ?

Pour celui qui vient pour la première fois, ce qui peut le surprendre c’est la jeunesse de notre ville, nous avons beaucoup d’étudiants. C’est une ville dynamique, attractive. Dès qu’il fait beau, les terrasses sont pleines. Comme le disait Nougaro, Toulouse, c’est l’Espagne qui pousse un peu sa corne. Cette ville a ce côté « bodega », festif, très ancré.

Côté musique ?

Evidemment, elle a aussi ses bars musicaux, et avant elle possédait des grands studios comme Condorcet ou Polygone, qui ont vu défiler les plus grands artistes de l’époque. Les chanteurs aimaient ce « son » toulousain. Et comment ne pas parler de : Emile et Images, Pauline Ester, Jean-Pierre Mader et avant eux Pierre Groscolas, qui ont fait partie de la culture musicale française.

Vos établissements sont à Toulouse, dites-nous-en plus !

Evidemment ! Nous avons toujours tout basé à Toulouse. Dans les années 90, nous étions souvent à Paris mais notre port d’attache reste Toulouse, c’est notre QG ! Et aujourd’hui plus que jamais puisque nous avons monté notre propre boîte de production, dont le siège social est à Toulouse, avec nos bureaux.

Avec Eric, nous avons recréé un bar musical comme on les aimait, il s’agit du Rex. Beaucoup de concerts et une programmation éclectique. Nous avons aussi un théâtre, la Comédie de Toulouse, qui programme aussi bien des artistes nationaux que des jeunes talents du cru. Désormais, chez nous, les débutants ont leur chance. Il y a aussi Au Comptoir du Rex, où l’on peut goûter des tapas, passer un bon moment. En marge du Rex, le Comptoir propose aussi des animations.

Lorsque vous revenez à Toulouse, vous sortez où ?

Nous avons nos adresses bien sûr, ce ne sont pas toujours les mêmes que nous fréquentons mais ce sont toujours de bonnes adresses (rires)…

Michel Sarran, emblème toulousain de la gastronomie au national. Mais aussi le Stade Toulousain bien sûr, qui est la grande image de Toulouse, historiquement, il cumule les titres!

Nous aimons aussi aller à la Table de Thierry Merville (Castanet), qui a d’ailleurs gagné le championnat du monde du cassoulet que nous organisons tous les ans.

Nicolas Thomas, autrefois violoncelliste régulier pour l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, est désormais chef étoilé à Verfeuil. De son vécu en tant que musicien professionnel il garde une vision culturelle de la ville rose assez exigeante, complétée désormais de Toulouse versus gastronomie.

Côté gastronomie, comment situez-vous Toulouse ?

C’est une ville gastronomique. Toulouse et sa région comptent beaucoup de restaurants étoilés. Je constate que la nouvelle vague de chefs toulousains est de plus en plus exigeante. Même les restaurants installés simplement peuvent proposer un travail pointu avec les jolis produits locaux. Les chefs, cherchent la proximité. C’est aussi ce que je fais depuis mon étoile en 2018 ; j’ai modifié ma politique d’achat en cherchant le locavore.

Le mariage du sport et du « bien vivre » est presque un atout pour nombre de rugbymen même de haut-niveau. Didier Lacroix, désormais Président du Stade Toulousain, nous propose une balade dans le Toulouse sportif et festif.

Qu’est-ce que Toulouse a de sportif pour vous ?

En premier lieu, ses clubs mythiques. Je pense au Fenix Handball qui s’illustre en Division 1 depuis plus de 30 ans maintenant et qui garde sa place le plus souvent en haut du tableau. Evidemment, le TFC qui possède aussi des joueurs de grand talent et un Président Olivier Sadran pour lequel j’ai beaucoup d’amitié. Sans parler du TO13 qui a fait briller nos sportifs jusqu’au Championnat Anglais avec la League One. Que serait notre Ville Rose sans nos Dauphins du TOEC ? Il faut rappeler que ce club est emblématique de Toulouse depuis sa création en 1908 et qu’il affiche un palmarès à couper le souffle avec 90 nageurs et nageuses sélectionnées en Equipe de France, nombre de records de France et de titres de champion de France en individuel comme en relais. Et évidemment, notre Stade Toulousain, qui défend ses couleurs depuis 1907 et qui notons-le, a remporté 20 fois le Championnat de France de Rugby à XV et qui, avec le Leinster, est le club français et européen le plus titré !

Et puis les équipements dont dispose Toulouse, dont bon nombre sont en centre-ville, permettent une offre complète à ses habitants. Il suffit de chausser ses baskets pour pratiquer et croyez-moi, je le fais régulièrement. Depuis l’Hôtel PIER, vous avez à proximité deux cours de tennis et des espaces pour faire un footing matinal. Le rêve ! le long de la Garonne ou du canal, à pied ou à vélo d’ailleurs. Les plaisirs sont variés…

Toulouse c’est aussi une ville de la jeunesse qui sort beaucoup, voir un match, puis prendre un verre. Et comme cette ville est très conviviale avec des après-match joyeux, il est alors possible de rencontrer des sportifs pour les 3ème mi-temps. Les avants et après-match du Stade Toulousain se font aussi sur place à la brasserie du stade. Quel que soit le niveau de jeu, l’ampleur du club, c’est important qu’il y ait un avant et un après ! Qu’il soit vecteur de lien humain, d’échanges, de conversations entre les joueurs et les spectateurs…Mais il peut aussi être l’occasion parfaite pour y intégrer des instants culinaires, musicaux, culturels. Je suis né dans un rugby avec le repas d’avant-match où, pour le challenge Yves Du Manoir, les équipes mangeaient ensemble avant le match. Autant vous dire, que je garde de précieux souvenirs de ces moments-là et que tous ces aspects de convivialité que procurent le sport sont essentiels pour moi !